LIVRES
À partir de nombreux témoignages recueillis dans divers secteurs
industriels (nucléaire, sidérurgie, chimie, agroalimentaire), mais
aussi dans les services, et à partir de l'exemple phare de l'amiante,
Annie Thébaud-Mony met en lumière ce qui demeure constamment un « angle mort » de
la santé publique : les atteintes à la vie, à la santé et à la dignité
des travailleurs. Se situant en référence au code de procédure pénal,
l'auteure montre comment, au nom des règles du capitalisme néolibéral,
l'impunité des responsables est totale, qu'il s'agisse de l'homicide,
du délit de mise en danger d'autrui, des atteintes à la dignité, de la
non-assistance à personne en danger. Elle montre aussi les dérives
d'une recherche sous influence.
Présentation par l'éditeur

Les sociétés modernes sont confrontées à une véritable épidémie de
maladies chroniques: cancers, maladies cardiovasculaires, obésité et
diabète, allergies, affections mentales... Or elles sont très largement
évitables, car elles sont la conséquence de notre mode de vie et de
notre environnement. Selon l'Organisation mondiale de la santé, elles
sont responsables de 86% des décès et représentent 77 % des cas de
maladies en Europe. Elles sont ainsi devenues la cause majeure de la
crise des systèmes de santé. En France, la « Sécu » a certes permis
l'accès aux soins pour tous, mais elle n'arrive pas à répondre à cette
crise. Et au nom de la lutte contre le « trou de la Sécu », on cherche
donc à convaincre les Français qu'il faudrait remplacer le principe de
solidarité par une logique individualiste d'assurances privées.
Mais les solutions libérales sont une illusion, comme le montre André Cicolella
dans cet essai rigoureusement argumenté : elles ne répondent pas à la
question et ne peuvent, au contraire, que faire empirer la situation. À
l'inverse, explique-t-il, il est possible de surmonter la crise en
agissant sur les causes environnementales et comportementales des
maladies et en sortant du « tout médicament ». Et aussi en réinventant
un système de santé de proximité, un financement plus juste et en
instaurant une véritable démocratie sanitaire. Bref, en refondant un
véritable système de santé et pas seulement un système de soins.
